France, Normandie

Un vendredi matin dans un bar de Gisors

Nous sommes vendredi c’est le jour du marché. Décidée à aller croquer les passants. Comme il ne fait pas très beau, je préfère m’asseoir derrière la vitre d’un café, bien au chaud. 
 
Pourtant l’animation ne se trouve pas dehors. Elle est là sous mon nez.
Pendant que, ces dames remplissent le réfrigérateur, les hommes jouent au turf. 
Le nez dans «  Paris turf », le crayon en alerte pour noter les premiers, les derniers, leur côte: 10 contre 1.
 
« -Toi t’es fou de toute façon
–              Comment ça je suis fou ? mais regarde il était quatrième la dernière fois
–              Moi en jouant placé j’ai gagné la dernière fois
–              Whai, je t’le dis t’es fou.
–              Si je gagne, je t’offre une mousse »
 
Pendant ce temps le barman sert les boissons en terrasse. Les cuivres de la tireuse à pression reflètent la lumière des vitres. 
Puis le silence se fait,  le nez en l’air suspendu à la retransmission télé des courses hippiques.
 
« P…, de canasson, pourquoi il est parti à la faute ?
–              Sinon je gagnais mon pot »
–              Whai ! de toute façon tu gagnes toujours presque !!!!
 
Les tasses blanches se sont entassées au coin de la table.
Le patron vient encaisser la note, bon qui a consommé quoi, tellement pris au jeu qu’ils ne savent plus combien de café ils ont avalé.
 
Une femme, le panier plein, vient rechercher son époux, il n’est pas près de la suivre
 « -y’en a encore des courses ! ».
-et bien moi j’ai fini les miennes! »
 

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