France, Pays de Bray

LES BOURREAUX DES COEURS

 
Mesdames je vous vois venir, les bourreaux des cœurs, mais qui sont-ils ?
Eh bien, ce sont les deux taureaux de la ferme de Jean et Stéphane. Tout de même deux mâles seulement pour deux cents demoiselles, c’est un bien chouette record. 
La semaine dernière avec mes bottes en caoutchouc achetées pour ne pas me mouiller les pieds tout au long de cette année en Pays de Bray, j’ai visité et dessiné la ferme de Jean et Stéphane. 
 
Une large court en terre, les flaques d’eau qui vous accueille dès l’entrée de la court. La chaux ocre entre les colombages du petit appentis à l’entrée. À droite un hangar immense, mastodonte qui sépare le gris de Payne du ciel picard. Au fond la maison aux fenêtres et portes dessinées de briques rouges. Les fenêtres aux petits carreaux. Les multiples portes donnant sur les multiples ateliers.
Médor vient à ma rencontre et me renifler, histoire de faire connaissance.
 
Tout d’abord un couloir sombre, quand l’ombre tranche avec le jour, le temps que mes pupilles s’habituent je ne sais plus où mettre les pieds. Je me retrouve dans la salle de traite que Stéphane est en train de nettoyer avec application. Les vapeurs d’eau forment un brouillard dans le hangar largement ouvert au fond. Dans la première étable les plus jeunes et les mamans qui vont vêler bientôt.
Je vais, enfin dire bonjour à toutes ces demoiselles, à mon grand étonnement elles s’éloignent au fur et à mesure que j’avance dans les allées. Peureuses! Si je patiente un peu elles reprennent assez vite le cours de leur journée. Je trouve ces animaux tendrement attachants, surtout leurs grands yeux sombres. J’aime toujours à les observer lorsque j’en croise au détour de mes déambulations. L’étable me parait immense, il faut qu’elles aient de la place.
Gigantesques machines colorées, tracteurs verts, je ne sais quoi jaune, bassines émaillées bleues et blanches, pneus, outils, tas de bois, tiges filetées, bassine en étain, saut en plastique, rouleaux de fils de fer barbelés, cordes, abreuvoirs, tubes, tuyaux, il y a une grosse citerne directement reliée aux tireuses. Mais, j’ai retrouvé avec plaisir les bidons de lait de l’époque où en vacances, j’allais acheter le lait à la laiterie savoyarde [c’est une autre histoire] et d’autres objets non identifiables pour l’ancienne citadine que je suis. en résumé un des plus grand bonheur d’une artiste en mal d’inspiration, il y a de quoi faire un croquis, tous les mètres, malheureusement il fait très froid en restant assisse sans activité (je veux dire physique), aussi je me contenterais d’une aquarelle rapide et de beaucoup de photographies. L’hiver va être un peu long.
Les propriétaires répondent avec beaucoup de gentillesses à mes questions bêtasses d’ancienne banlieusarde.
De novembre au début janvier c’est l’époque où naissent les petits veaux.
 
  • -Moi : « qu’est-ce que vous leur donniez à manger ce matin ?
    -Stéphane : « Nous les nourrissons avec du maïs, de la pulpe de betterave et des compléments alimentaires, l’hiver nous sommes obligés.
    -Moi : « vous avez combien de vaches ?
    -Stéphane : 70 vaches et 130 élevés (jeunes vaches).
    -Moi : « vous les connaissez toutes ?
    -Jean : « non, pas toutes
    -Moi : « combien en avait votre père au début
    -Stéphane : « au début 6 et jusqu’à 23 parce que l’étable n’avait que 23 places. Mais avec 23 vaches, il vivait mieux que nous, il s’en tirait, aujourd’hui avec 200 bêtes on n’y arrive pas.
    -Moi : « vous avez trop de charges
    -Stéphane : « On est bien obligé, sinon … c’est un cycle sans fin, cela ne s’arrête jamais
    -Moi : « combien de litres de lait par jour produisez-vous?
    -Jean : « C’est pendant la période du vêlage que la production de lait est la plus forte environ 5400 litres tous les trois jours.
    -Moi ; « 200 animaux tout de même c’est énorme
    -Jean : «  et 2 taureaux, avec 70 naissances par an environ
    -Moi : « Eh ben cela fait beaucoup, plus 70 animaux par an ?
    -Jean : « Nous gardons les femelles et revendons les mâles. Et nous vendons les plus vieilles pour la boucherie.
    -Moi : « Pourquoi vous faites ça ? je veux dire pourquoi vous les séparé par âge ?

    -Jean éberlué par ma question : « Sinon les taureaux s’amuseraient aussi avec les plus jeunes
  • Pas de pédophilie chez les vaches !!!! 😂

THE HEARTBREAKERS

Where do they live? You would like to be aware of it … I can tell you … They are the two bulls of Stéphane and Jean. Two males and two hundred young cows, what performers they are!

For a designer, a farm is like a toys shop for a child. Every meter there is a place to draw. From the door, in the farmyard, the Payne grey winter sky is reflected into the puddles as well as the half-timbering and the bricks of the buildings.

Tractors and other big machines, parked into the huge covered of sheet metal shed, have replaced the pitchforks. It has always impressed me.

The yesterday and today tools have been stored into the outbuildings. The oldest ones have retired within the dust and the spider webs :  old white and blue basins, rusted or shiny forks, shovels, bowls, tin basins, plastic buckets, ropes, waterers, tubes, pipes, tyres, hammers, boards, rolls of barbed wire, tanks, … There are also cans of milk, just like the ones of my childhood.

Fido comes to me, just to know me then he follows me to the stable. First, a dark corridor, where shadow contrasts with the day, until my eyes get used to the darkness. I don’t know where to put my feet. I end up in the milking stall that Stéphane is cleaning up carefully.  A fog is in the stable due to the water steam. In the first stable, the youngest are with the expecting mums ….

At I can go to say hello to these ladies. To my great surprise, they move away as I go along. They are afraid. If I stay still a little, they come back soon to the normal. I find them sweet endearing animals, meanly because of their big brown eyes. I like to watch them during my wondering, when I meet some of them. Te stable appears to be huge, but the cows need space, don’t they?

The breeders answer politely to the silly questions of a former suburban girl:

‘’- I : what are you feeding them with this morning ?

Stéphane : we feed them with corn, beet pulp and food supplement, we have to during winter !

I : how many cows do you have ?

Stéphane : 70 cows and 130 young cows

I : do you know all of them ?

Jean : no, not all of them.

I : How many did your father have before ?

Stéphane. : at the very beginning only 6 and then up to 23, because the stable could only house 23 of them, he had a better life, he could manage, with 200 animals, we don’t make it.

I : do you support too much administrative burden ?

Stéphane. : we have to, if not … it is an never-ending cycle, it never stops.

I : how many litrse of milk do you produce ?

Jean : it’s during the calving period that the production of milk is the biggest, around 5400 litres every three days.

I : 200 animals, it is really huge, isn’t it ?

Jean : plus 2 bulls and approximately 70 births per year.

I : that’s a lot isn’t, and 70 additional animals every year ?

Jean – : we keep the females and sell the males. We also sell the oldest ones for the slaughter.

G : why do you do so ? I mean why do you separate them by age ?

My question is a big surprise to Jean: because, otherwise the bulls will  also play with the youngest ones ! No child abuse within the cow’s world.

former suburban

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