France, ile de France, Pays de Bray

PARIS – CHAUMONT EN VEXIN

Il fait toujours aussi froid que la semaine dernière, dans notre pays de Bray.  Les paysages sont toujours aussi blancs. Les chutes de neige qui forment un voilage blanc sur le ciel. La neige au sol, qui aplanit les distances, fait disparaître les routes, blanchit les sillons. Le brouillard qui bloque la visibilité à 3 mètres. C’est à la fois beau et …
trop tranquille.

C’est blanc l’hiver. 
Aujourd’hui après la tempête de neige qui a tout vêtu de blanc et le gel qui a déposé ces étoiles au sol. C’est la « dégoulinure », ça fond. C’est spongieux sous les bottes. Le goutte-à-goutte sous les gouttières. Le brouillard qui s’accroche à la maison. Les tas de neige poussés, par la déneigeuse et qui collent aux grilles.
C’est long l’hiver

En février, pour des raisons professionnelles, je me déplace beaucoup plus souvent sur Paris.

C’est la difficile et pénible transhumance quotidienne de nombre de Brayons. Les travailleurs paraissent fatigués dès le matin, d’ailleurs nombre d’entre nous somnolent.
Notre ligne SNCF Gisors Paris, c’est tout un poème. Bien sûr, parce que les paysages sont magnifiques. 

Même si c’est un plaisir que je ne goûte plus, mais lors des premiers voyages je restais le nez collé aux vitres à admirer les arbres courir le long des voies, les prairies, puis les forêts, et les chemins de campagne. 


Puis arrivent petit à petit entre les villages les routes le long des voies. Ensuite viennent les maisons individuelles de plus en plus serrées les unes contre les autres. 

Plus près de Paris, les immeubles de banlieue avec les alignements de balcons gris. Et enfin les tours plus modernes, le périphérique, les graffs et les tags le long des murs de bétons.

Un poème parce que c’est aussi une véritable aventure, même pas singulière, car commune aux milliers de travailleurs parisiens. Je pèse mes mots: « aventure », pas une semaine sans une anecdote à raconter, souvent hilarante ou absurde, mais qui ne fait plus rire les habitués résignés (ne se déplaçant même plus, aux quelques débats rencontres avec les associations d’usagés).

Leaticia qui fait le trajet tous les jours à bien voulut échanger ses impressions avec nous. -« J’ai fait le choix d’aller travailler sur Paris, il y a maintenant 19 ans ½. Eh oui ! Je fête mes 20 ans de transport cette année. C’est aussi des années d’ancienneté dans la même société … Il n’y avait pas de travail, à l’époque, sur la région, quand nous sortions diplômés de l’école, la réponse était que nous n’avions pas assez d’expérience. Et, je ne suis pas sûre qu’il en ait davantage aujourd’hui.  -« je m’étais dit : fais ton expérience pendant 3 ou 4 ans et ensuite tu reviendras sur la région … et, bien cela ne s’est pas passé tout à fait comme ça …

-« La fatigue est quotidienne, vous n’avez qu’une seule envie, c’est d’être le vendredi soir, dès le mercredi ! Mais bon on ait avec ! -« Les perturbations ça c’est un sujet qui fâchent. Il n’y a pas une semaine sans que nous n’ayons un problème, on a tout entendu : Horde de sangliers qui traversent les voies, chevaux sur les voies, malaise voyageur, accident de personne, personnes se trouvant sur les voies, incident au niveau d’un ou plusieurs passages à niveau, chauffeur non réveillé …) Au début ça vous énerve, mais maintenant je ne m’énerve plus cela ne sert à rien. Nous savons que notre ligne Gisors Paris n’est pas la priorité de la S.N.C.F.

-« Pendant le trajet, je me suis fait des copains (es). Maintenant je voyage avec 3 ou 4 personnes le matin et 5 ou 6 le soir selon les horaires de travail de chacun. Ce sont des copains et des copines que je vois aussi le weekend ou pendant nos vacances, nous faisons également du sport ensemble. On se connait bien, nous connaissons nos enfants et conjoints. Bref ! Nous sommes devenus amis. -«  En ce moment, on rigole avec les travaux de la passerelle, car on se dit que l’ascenseur pour les gens à mobilité réduite, c’est bien, mais nous espérons que ça ne soit pas comme à Boissy où il n’est ouvert que lorsque la gare est ouverte ???? Donc … pas souvent. -« Concernant la gare de Gisors, tiens ! Celle-ci n’est plus ouverte quand nous prenons notre train à 5H53. Et cela depuis 1 an maintenant. Nous sommes donc obligées d’aller acheter nos coupons à Paris, c’est dommage, car ça ne fait pas travailler les gens du coin. » Je pourrais rebondir sur une des revendications des GJ, plus d’impôts moins de services publics.
Cette semaine de fin janvier j’ai profité de mon trajet pour faire une petite série de photographies vues du train. Et comme il fait très très froid dehors, j’opte donc pour le foyer, le feu, la flamme, la chaleur, la symphonie N° 32 en sol majeur de W-A Mozart sur la platine-disque de mon aïeul. Et un travail d’après photographie bien au chaud.

J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

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