France

FER A CHEVAL

Un fer dans la main c’est du bonheur pour demain

Rome : En 54 apr. J.-C., la protection du pied du cheval se composait d’une semelle hypposandale*.   La chronique de ce temps rapporte que les chevaux de l’empereur Néron auraient été munis de semelles en or, et que ceux de Poppée, son épouse, auraient porté des semelles en argent.   On peut imaginer facilement que lorsqu’un de ces chevaux perdait une hypposandale le pauvre qui la trouvait, par hasard sur son chemin devenait riche en le refondant. Et voici pourquoi on dit aujourd’hui que le fer à cheval porte bonheur.  

Moi : « Alors cela porte vraiment bonheur » Raymond : « Ce sont les sept clous qui portent bonheur, il faut avoir un fer à cheval avec les sept clous. -« C’est des bêtises … j’ai jamais eu de bonheur … alors ! »   On ne peut que le croire Raymond il collectionne les fers à cheval depuis presque … hier. Il en possède 260, rien que ça. Et de fer à cheval en fer à cheval, il me compte la petite histoire de notre région. Raymond : « J’étais charretier à Saint Pierre Es champs. Je n’ai pas beaucoup été à l’école, nous étions 13 à la maison alors il fallait nourrir les frères et sœurs. C’était le rôle des plus grands. J’ai commencé à être charretier en 1948, et j’ai arrêté en mai 1954. Je m’en rappellerais toujours » Silence, les yeux de Raymond s’embrument « La disparition des chevaux ça a été terrible. Les chevaux c’était notre famille. Les patrons ils voulaient remplacer les bêtes par le tracteur, pour gagner plus d’argent. » « La guerre industrielle est arrivée et avec elle la pollution. Je roule des idées noires : la guerre industrielle est pire qu’une vraie guerre et on ne sait pas quand elle va s’arrêter ». « Je m’en rappellerais toujours quand le patron est venu avec le vendeur de bête pour me prendre mon cheval. « Le premier jour un et puis le lendemain les deux autres »   Raymond : « En 54 j’étais le dernier à labourer le Mont Sainte Hélène, ma jument la pauvre est partit à Gournay-en-Bray aux abattoirs. A l’époque c’était là-bas. C’est toujours pareil. Les patrons ils voulaient gagner plus d’argent. Du coup , il voulait que l’on passe au plus court. Mais c’était dangereux pour les chevaux. Ma jument est tombée et elle s’est cassé la jambe. » Moi : « Racontez-moi la vie à la ferme ? Raymond : « Le pire c’était l’hiver – Les engelures – le matin il fallait aller casser la glace. «  Ont dormaient avec les vaches, par ce que les vaches elles donnent plus chaud que les chevaux. A l’étable. « On avait des chambres, mais elles n’étaient pas chauffées. « L’été c’était terrible, il faisait beaucoup trop chaud, certain jour nous ne travaillions que le soir, vers 17 heures, parce que c’était intenable. « Aujourd’hui, y’a plus vraiment d’hivers ni d’été. Moi : « Vous fessiez certainement des fêtes de temps en temps ? Racontez-moi. [Remarquez cher lecteur, ce qui m’importe] Raymond :  « La Fête de la Moisson – on rentrait après le dernier voyage avec un bouquet de fleurs, bleu, blanc, rouge, avec des bleuets, des coquelicots et des marguerites. On allait confectionner nos bouquets dans les champs, et il y avait des concours du plus beau bouquet. « Quelques jours après ont faisaient la fête, c’était un grand repars. Il y avait tout ce qu’il fallait sur la table. Les meilleures bouteilles étaient ouvertes. Mais je ne suis pas alcoolique. « C’était un peu comme la saint cochon, on faisait la fête. Enfin ce n’était pas la fête du cochon. Il y avait tout ce qu’il fallait sur la table. »         *hypposandale : une plaque de fer munie d’une talonnière et d’une languette, dont la courbure terminale permettait le passage d’une courroie serrée autour du potiron.

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