France, Pays de Bray

CHASSE

Aujourd’hui J’ai été autorisé à partager une journée par mis les chasseurs au domaine de la Futaie  dans la forêt de Thelle.  Et, deuxième chance, en cette période automnale, malgré la pluie annoncée, il fait beau. Le rendez-vous est donné. Les chasseurs commencent leur journée, comme nous tous au bureau ou chez nous, autour d’un café. Mon hôte, me présente à tous et toutes, du moins à toutes les personnes croisées. –         «  Monsieur le président » –         «  Je ne suis pas le président, la présidente c’est ma mère … Il y a les fils à papa, moi je suis un fils à maman ».  Je ne peux pas faire autrement que d’être convaincu. Ce sera  le premier étonnement de la journée ils sont nombreux et nombreuses. J’écoute avec attention, et je me rends très vite compte que je ne connais pas la moitié du vocabulaire.  –        

«  Es ce que vous faites des chasses à cours ? –         «  Au mois de mars, peut-être, s’il nous reste un bracelet » –         « Excusez-moi, qu’es ce que c’est un bracelet –         « Une femme … qui demande ce que c’est qu’un bracelet … Un bracelet c’est le nombre de cerf que l’on à l’autorisation de tuer »Après le café, ils font la cour … Cela me fait penser à la cour du roi, d’ailleurs les rois de France venaient chasser dans nos forêt Picarde*. Je n’ai pas osez poser la question, mais je demande tout de même de plus amples informations. D’ailleurs j’ai bien eu l’impression d’être la naïve de service, avec mes questions idiotes. Pourtant tous et toutes ce sont fait un plaisir d’y réponse avec beaucoup de gentillesse.   –         « la cour, ce sont les directives et recommandations dites par le président et le garde-chasse »Je retrouve Dominique, que j’avais dessiné il y a quelques mois. Qui est rabatteur depuis longtemps. Il est content que j’ai pu venir. Je ne suis toujours pas très certaine d’avoir tout compris, je vous livre donc ce que j’en ai retenu. Pourtant pour une foi j’étais super super attentive.  Je n’avais pas très envie de prendre une balle perdue … J’avoue,  j’avoue, j’avais un peu la trouille. Ce sont des « professionnels » et l’organisation est «  presque militaire ».Le fils de la présidente souhaite la bienvenue aux nouveaux, invité ou actionnaire, en les présentant et en nommant leur hôte.

Les chefs de lignes sont désignés,  ils sont responsables des chasseurs de leur ligne.  Une ligne est une série de chasseur. Dans certain cas le chasseur doit lui demander son autorisation pour tirer. C’est alors lui qui est responsable, d’un éventuel accident. Une chasse dure une heure trente environ, il y a donc plusieurs chasses dans la matinée et dans l’après-midi. Le gilet jaune est réservé à la route l’orange est donc obligatoire pour participé. On ne tire pas sur un entrant, et il doit être signalé par le cor de chasse. Et d’autres informations. –         « Je vous demande d’éviter de tirer sur une laie si elle attend des petits, la semaine dernière une laie grosse a été tiré, les petits étaient gros comme ça … et c’était … Si une laie est enceinte cela ce voie » –         « Tous les chasseurs ont leur permis de chasse et leur assurance en règle »Les chasseurs partent, les rabatteurs attendent un peu pour partir à leur tour. Le garde-chasse me dit ou je dois me placer.  Je ne suis toujours pas très à l’aise.  Ce territoire m’est complètement étranger,  tellement loin de ce dont j’ai l’habitude. Aussi j’obéi sans sourcilier. Seule dans l’allée, j’attends, la suite de l’aventure.  Tout en profitant du soleil qui dessine une dentelle de feuilles rouges, jaunes, ocres. Je me concentre sur les bruits. –         Les battons frapper sur les troncs –         Les cris des rabatteurs –         Le vent dans les arbres –         Les fougères froissées doucement par un daguet*, qui inquiet traverse le chemin à côté de moi. –         Le cor de chasse qui sonne –         Les coups de feu –         Les oiseaux qui s’envolent –         Les cris des animaux blessés aussi. Nous échangeons nos regards et nos photos de la matinée avec un passionné qui vient avec son appareil photo, pour traquer la lumière, la magie de la forêt et chasser de  magnifiques images d’animaux. Viens l’heure du déjeuner, ou tout le monde se retrouve autour du buffet et des braséros.  Il faut mieux ne pas être au régime, délicieux. Tous se racontent leur matinée et aussi leurs chasses passées. –         «Un jour on étaient  une file de 4X4.  Une prairie de 15 hectares. Un troupeau de biches et de cerfs s’arrêtent, se retournent et nous regardent passer. Nous arrêtons les moteurs et sortons tous nos appareils photos. C’était juste un instant magique ».Certains, surtout des rabatteurs,  viennent me parler et voir les croquis réalisés et me demande si j’ai vu des animaux. –         «  Nous faisons 9 chasses le samedi et deux le mardi … Il faut  mieux venir  le mardi, là ce sont de vrai tireurs … le samedi … enfin là (sous-entendu aujourd’hui) ce sont des bobos ».Les bêtes sont apportées à l’atelier, pour la pesée … certains chasseurs vont les prendre en photos, trophées de la journée. Je rentre dans mon foyer, et je me demande bien comment je vais pouvoir vous raconter cette journée dans un monde à la foi voisin du mien mais pourtant aux antipodes de ma galaxie.* Depuis 1250 la forêt Picarde est protégée par les rois et le clergé, grand propriétaire terriens. […] Rien d’étonnant à ce que les forêts, lieux de loisir jalousement protégés par les grands, sources de revenus soigneusement entretenues par les abbayes […] « La Picardie » de René Gast ed Oeust France 2015 *Daguet : jeune cerf

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