France, ile de France, Pays de Bray

PARIS – CHAUMONT EN VEXIN

Traduction anglaise Christine Béthune en fin d’article

Il fait toujours aussi froid que la semaine dernière, dans notre pays de Bray.  Les paysages sont toujours aussi blancs. Les chutes de neige qui forment un voilage blanc sur le ciel. La neige au sol, qui aplanit les distances, fait disparaître les routes, blanchit les sillons. Le brouillard qui bloque la visibilité à 3 mètres. C’est à la fois beau et …
trop tranquille.

C’est blanc l’hiver. 
Aujourd’hui après la tempête de neige qui a tout vêtu de blanc et le gel qui a déposé ces étoiles au sol. C’est la « dégoulinure », ça fond. C’est spongieux sous les bottes. Le goutte-à-goutte sous les gouttières. Le brouillard qui s’accroche à la maison. Les tas de neige poussés, par la déneigeuse et qui collent aux grilles.
C’est long l’hiver

En février, pour des raisons professionnelles, je me déplace beaucoup plus souvent sur Paris.

C’est la difficile et pénible transhumance quotidienne de nombre de Brayons. Les travailleurs paraissent fatigués dès le matin, d’ailleurs nombre d’entre nous somnolent.
Notre ligne SNCF Gisors Paris, c’est tout un poème. Bien sûr, parce que les paysages sont magnifiques. 

Même si c’est un plaisir que je ne goûte plus, mais lors des premiers voyages je restais le nez collé aux vitres à admirer les arbres courir le long des voies, les prairies, puis les forêts, et les chemins de campagne. 


Puis arrivent petit à petit entre les villages les routes le long des voies. Ensuite viennent les maisons individuelles de plus en plus serrées les unes contre les autres. 

Plus près de Paris, les immeubles de banlieue avec les alignements de balcons gris. Et enfin les tours plus modernes, le périphérique, les graffs et les tags le long des murs de bétons.

Un poème parce que c’est aussi une véritable aventure, même pas singulière, car commune aux milliers de travailleurs parisiens. Je pèse mes mots: « aventure », pas une semaine sans une anecdote à raconter, souvent hilarante ou absurde, mais qui ne fait plus rire les habitués résignés (ne se déplaçant même plus, aux quelques débats rencontres avec les associations d’usagés).

Leaticia qui fait le trajet tous les jours à bien voulut échanger ses impressions avec nous. -« J’ai fait le choix d’aller travailler sur Paris, il y a maintenant 19 ans ½. Eh oui ! Je fête mes 20 ans de transport cette année. C’est aussi des années d’ancienneté dans la même société … Il n’y avait pas de travail, à l’époque, sur la région, quand nous sortions diplômés de l’école, la réponse était que nous n’avions pas assez d’expérience. Et, je ne suis pas sûre qu’il en ait davantage aujourd’hui.  -« je m’étais dit : fais ton expérience pendant 3 ou 4 ans et ensuite tu reviendras sur la région … et, bien cela ne s’est pas passé tout à fait comme ça …

-« La fatigue est quotidienne, vous n’avez qu’une seule envie, c’est d’être le vendredi soir, dès le mercredi ! Mais bon on ait avec ! -« Les perturbations ça c’est un sujet qui fâchent. Il n’y a pas une semaine sans que nous n’ayons un problème, on a tout entendu : Horde de sangliers qui traversent les voies, chevaux sur les voies, malaise voyageur, accident de personne, personnes se trouvant sur les voies, incident au niveau d’un ou plusieurs passages à niveau, chauffeur non réveillé …) Au début ça vous énerve, mais maintenant je ne m’énerve plus cela ne sert à rien. Nous savons que notre ligne Gisors Paris n’est pas la priorité de la S.N.C.F.

-« Pendant le trajet, je me suis fait des copains (es). Maintenant je voyage avec 3 ou 4 personnes le matin et 5 ou 6 le soir selon les horaires de travail de chacun. Ce sont des copains et des copines que je vois aussi le weekend ou pendant nos vacances, nous faisons également du sport ensemble. On se connait bien, nous connaissons nos enfants et conjoints. Bref ! Nous sommes devenus amis. -«  En ce moment, on rigole avec les travaux de la passerelle, car on se dit que l’ascenseur pour les gens à mobilité réduite, c’est bien, mais nous espérons que ça ne soit pas comme à Boissy où il n’est ouvert que lorsque la gare est ouverte ???? Donc … pas souvent. -« Concernant la gare de Gisors, tiens ! Celle-ci n’est plus ouverte quand nous prenons notre train à 5H53. Et cela depuis 1 an maintenant. Nous sommes donc obligées d’aller acheter nos coupons à Paris, c’est dommage, car ça ne fait pas travailler les gens du coin. » Je pourrais rebondir sur une des revendications des GJ, plus d’impôts moins de services publics.
Cette semaine de fin janvier j’ai profité de mon trajet pour faire une petite série de photographies vues du train. Et comme il fait très très froid dehors, j’opte donc pour le foyer, le feu, la flamme, la chaleur, la symphonie N° 32 en sol majeur de W-A Mozart sur la platine-disque de mon aïeul. Et un travail d’après photographie bien au chaud.

J’espère que vous ne m’en voudrez pas.

It is still freezing as it was last week, in our Pays de Bray.

Landscapes are still white. Snowfall form a screen in front of the sky. Ground full of snow that minimises the distances, that hides the roads, whitens the furrows. Visibility is only 3 metres because of fog.  It’s both beautiful and … too quiet … winter is white …

Today, following the snowstorm, that has covored everything with white and the frost that has put stars on the ground :

– It’s the « dripping, » it melts.

– It’s spongy under boots.

– Drips under the gutters.

– The fog clinging to the house.

– The snow piles, pushed by the snowplow, stick to the gates.

Winter is long …

CHAUMONT-EN-VEXIN – PARIS

This week at the end of January, I took advantage of my trip to make a small series of photographs of the train.

And since it’s very cold outside, I opt for an after-photography work. Allowing me to stay warm, the fireplace, the fire, the flame, the heat, the symphony N° 32 in G major of W-A Mozart on my grandfather’s turntable.

I hope you won’t mind.

In February, for professional reasons, I travel much more often to Paris.

It is the difficult and painful daily transhumance of many Brayons.

Workers seem already tired in the morning, and many of us are sleepy.

Our SNCF Gisors-Paris line is quite a poem. Of course! Because the landscapes running behind the glass are beautiful. During my first trips, I remained nose glued to the windows to admire the trees, the meadows, then the forests and the country paths running along the tracks.

Little by little between the villages, the tarred roads lengthen along the tracks.

The individual houses, then, come closer and closer together, Closer to Paris, suburban buildings with alignments of grey balconies.

And finally more modern towers, the ring road, graffiti and tags along the concrete walls.

A poem, too, because it is also a real adventure, not even singular, because common to the thousands of Parisian workers. I weigh my word : “adventure”, not a week without an anecdote to tell, often hilarious or absurd, but that no longer makes the resigned regular train users laugh,  who anyway no longer even go to the few debates meetings with elected officials and train user associations.

LAETICIA,

Who makes the journey every day, is willing to share with us her feelings :

– « I made the choice to work in Paris 19 ½ years ago. Yes! I’m celebrating, this year, my 20th anniversary of daily train transport   It is also years of seniority in the same company… There was no work, at the time, in the area, when we graduated from school, the answer was always that we didn’t have enough experience. And, I’m not sure there is more today anyway (work I mean).

– -I thought to myself: learn for 3 to 4 years and then you’ll come back to the region… And, well, it didn’t quite happen that way…

– Fatigue is daily, you have only one desire: that Friday evening comes as quick as possible, from Wednesday we are exhausted!  But, well, one has to deal with it!!!

– Traffic disruptions are a source of anger. Not a week without a problem, we have heard everything: horde of wild boars crossing the rails or horses on the tracks, traveller discomfort, accident, people on the tracks, incident at one or more crossings, driver who hasn’t woken up … ). At first, it makes one irritated but now I don’t get angry anymore, it’s useless. We know that our line Gisors-Paris is not the priority of the S.N.C.F.

-During all theses years, I have made friends. Now I travel with 3 or 4 people in the morning and 5 or 6 in the evening, depending on everyone’s working hours. We also see each other on weekends or during holidays, we have sport together. We know each other well; we know our children and spouses In short! We have become friends.

-« Right now, we are laughing at the work on the bridge, because we do hope that, although the lift for people with reduced mobility is fine, it will not be like in Boissy, where the lift is working only when the station is open?? Meaning … not very often.’’

– By the way, as for the Gisors station, this one is no longer open when we take our train at 5:53 am. And this has been going on for a year now. So we have to go and buy our coupons of Pass Navigo in Paris, which is really bad as it doesn’t make the locals work.

I could bounce back on one of the Gilets Jaunes claims, i.e. more taxes less public services.”

OLIVIER 

– It’s real estate deportation, and increasingly expensive rents force people to move farther and farther away from Paris.

– From subway lines we have passed to suburban train lines and then to provincial train lines. We are on a fictitional administrative border, not in Ile-de-France, not in Normandie, not in Picardie, but on all three at the same time … as a consequence, we don’t exist.

– We travel in swinging cattle trucks, with no heating, with useless and noisy announcements, with useless stops and stations not served, with the assaults of the controllers and, please realize, we have already had 15 to 30 minutes of cars driving and at least 1h30 of train travelling, and on arrival at the Saint-Lazare STATION, one has to pay 1€ to use the toilet. Just think to the ladies …

– – this is human abuse, hygienically sordid.” *nowadays most of the small provincial stations are closed, the others are opened only in the morning or a few hours a week. No more station office means no more tickets. And so users have to drive a few kilometres to buy their train tickets in Gisors.

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